Institut de Chirurgie Osseuse
et de la moelle épinière
Médipôle - Avignon

Questions fréquentes en chirurgie orthopédique
sur l'évolution après la pose d'une prothèse
Institut Medipole Montagard, chirurgiens orthopédistes à AVIGNON (84)

Cette foire aux questions sur l'évolution après la pose d'une prothèse est donnée à titre purement informatif. En effet, en raison de l’évolution des techniques et des spécificités de chaque cas, les informations présentent sur cette Faq ne sauraient se substituer aux consultations, recommandations et prescriptions délivrées par les chirurgiens orthopédistes de l’Institut Medipole Montagard, à AVIGNON (84).

Comment voit-on l’usure d’une prothèse articulaire ?

L’usure d’une prothèse est sa détérioration liée au frottement des pièces. Plusieurs mécanismes d’usure ont été décrits : usure par abrasion, usure par transfert, usure par corrosion... L’usure d’une prothèse n’est le plus souvent à l’origine d’aucun symptôme (aucune douleur) pendant une longue période.

Elle est évaluée par votre chirurgien lors des consultations de contrôle sur les radiographies qu’il prescrit. Elle peut être mesurée, dans certaines circonstances, de façon plus précise par des méthodes informatiques sophistiquées.

Cette usure peut être à l’origine, par le biais des particules d’usure libérées, notamment de polyéthylène (plastique de haute densité), de métal (on parle de métallose »), de céramique, d’une réaction inflammatoire (à corps étrangers) qui abîme le tissu osseux situé autour de la prothèse : on parle d’ostéolyse péri-prothétique ( destruction de l’os au contact de la prothèse).

Conséquence de l’usure d’une prothèse :

  • Usure (pas de douleurs)
  • Production de débris d’usure
  • Réaction inflammatoire dite à corps étrangers(granulome inflammatoire)
  • Dégâts osseux autour de la prothèse (ostéolyse péri-prothétique)
  • Perte de fixation des implants (descellement prothétique)
  • Douleurs, liseré anormal car large (> 1 mm)
  • Prothèse de hanche avec granulome

Notre avis : L’usure des composants prothétiques est la complication majeure à long terme des prothèses totales(PTH et PTG). Elle est actuellement inéluctable. Un certain nombre de solutions sont évaluées pour diminuer l’usure : amélioration du polyéthylène ou remplacement du polyéthylène par des céramiques. Il semble cependant qu’à ce jour le meilleur compromis, pour limiter l’usure, demeure la prothèse qui a une partie en métal et l’autre en polyéthylène.

Qu’est-ce que le descellement d’une prothèse articulaire ?

Le descellement d’une prothèse est, au sens strict du terme, la perte de la fixation cimentée (à l’aide de ciment) d’une prothèse. Depuis le développement des prothèses non cimentées (sans ciment), ce terme s’est étendu à la perte de fixation osseuse en général des composants prothétiques (implants).

Le descellement peut concerner un ou les deux composants prothétiques. Le descellement peut être d’origine mécanique (descellement aseptique) ou infectieuse (descellement septique).

Le descellement aseptique est le plus souvent la conséquence d’une réaction inflammatoire
conduisant à l’altération (endommagement) du tissu osseux situé autour de la prothèse (ostéolyse péri-prothétique) par le biais des particules d’usure (PTH et PTG). Le descellement se traduit par des douleurs et par la migration des implants, appréciée par le chirurgien, qui compare vos clichés radiologiques successifs.

Notre avis : Le descellement d’une prothèse (défaut de fixation) est le plus souvent une complication d’origine mécanique (non infectieuse). Il se traduit habituellement par des douleurs et nécessite une ré-intervention pour changer la prothèse.

Qu’est-ce qu’un liseré visible sur les radiographies ?

Le liseré est une notion purement radiologique. Il s’agit d’un espace clair interposé entre l’os et les contours de la prothèse (bordure foncée sur les radiographies). Il est anormal s’il est large (supérieur à 1 mm), se modifiant au cours du temps, et concerne plusieurs zones autour de la prothèse.

Dans ces conditions, il peut traduire un descellement d’origine mécanique ou infectieuse. Si tel n’est pas le cas, il n’a le plus souvent aucune signification péjorative.

Notre avis : Attention, la présence d’un liseré ne signifie pas obligatoirement une nouvelle opération.
Ne vous laissez pas impressionner par les termes du compte rendu radiographique.

La présence d’un liseré sur les radiographies est le plus souvent banale. Un liseré visible sur les radiographies doit être interprété avec prudence et uniquement par un médecin spécialiste disposant de l’ensemble du dossier radiologique. Seul votre chirurgien est à même de vous dire s’il est anormal et nécessite une nouvelle intervention.

A-t-on toujours mal quand la prothèse articulaire est usée ?

L’usure de la prothèse n’est jamais douloureuse en elle-même. Ce sont ses conséquences qui peuvent l’être. En effet, les particules d’usure (plastique, métal, céramique, etc.) libérées dans l’articulation entraînent une réaction inflammatoire qui est à l’origine de dégâts osseux autour de la prothèse (ostéolyse péri-prothétique).

Ces phénomènes conduisent ensuite au descellement (perte de fixation) des implants prothétiques. Les phénomènes douloureux apparaissent à ce stade, c’est à- dire tardivement. D’où l’intérêt de pratiquer régulièrement des radiographies pour vérifier l’existence d’une usure et surtout d’une ostéolyse périprothétique pouvant nécessiter une reprise (nouvelle intervention) avant que les dégâts osseux ne soient trop importants.

Notre avis : Ce n’est pas l’usure en elle-même qui est douloureuse, mais ses conséquences : descellement (perte de fixation des implants prothétiques) et dégâts du tissu osseux situé autour de la prothèse (ostéolyse péri-prothétique). Votre chirurgien pourra vous proposer une nouvelle opération, même si vous ne souffrez pas encore, afin d’éviter des dégâts osseux trop importants et une intervention plus traumatisante.

Quand faut-il se faire opérer si la prothèse est usée ?

Ce n’est pas l’usure de la prothèse qui détermine le moment de la reprise chirurgicale mais les conséquences de l’usure. L’indication opératoire (nouvelle intervention ou reprise de prothèse) est portée quand il existe une ostéolyse périprothétique (destruction osseuse autour de la prothèse).

Il est communément admis qu’il est préférable de réaliser une reprise chirurgicale de la prothèse (surtout pour les prothèses de genou mais aussi pour les PTH) avant que l’ostéolyse ne soit trop étendue pour réduire la difficulté de la reconstruction osseuse.

Notre avis : Attention l’ostéolyse péri-prothétique peut évoluer à bas bruit, sans douleurs, d’où la nécessité de vous faire suivre régulièrement par votre chirurgien même si tout va bien. Lorsque l’usure des implants prothétiques s’accompagne de lésions osseuses autour de la prothèse, il faut réaliser une reprise chirurgicale de la prothèse.

Votre chirurgien peut être conduit à vous proposer une reprise avant que votre articulation prothétique ne soit douloureuse.

Qu’est-ce qu’un granulome péri prothétique ?

Une prothèse qui s’use produit des débris d’usure microscopique. Ces débris sont initialement éliminés de l’articulation prothétique. Cependant parfois la production de débris dépasse les capacités d’élimination.

Ces débris s’accumulent dans l’articulation prothétique. Ils sont alors englobés dans des cellules qui produisent des médiateurs de l’inflammation et s’agglomèrent pour former un tissu réactionnel. Cette réaction inflammatoire tissulaire est appelée granulome. Ce tissu par le biais des produits inflammatoires qu’il engendre détruit l’os autour de la prothèse (ostéolyse péri-prothétique).

Lorsqu’une reprise est réalisée, votre chirurgien réalise le changement des implants prothétiques, mais débarrasse également votre articulation de l’ensemble du granulome inflammatoire.

Notre avis : Il s’agit d’une réaction inflammatoire des tissus de l’articulation prothétique. Cette inflammation peut induire des dégâts osseux autour de la prothèse.

Existe-t-il des risques " d’intolérance", " d’allergie " ou de " rejet " à la prothèse ?

Au sens strict du terme, les " phénomènes d’intolérance ", qui correspondent à une réaction du corps contre la prothèse, ne sont pas observés. Pour fabriquer une prothèse, les matériaux sont choisis en fonction de plusieurs paramètres, dont le premier, le plus important est la " bio-compatibilité " qui caractérise l’habituelle tolérance de l’organisme vis à vis du matériau.

Le matériau peut cependant s’altérer, et les produits éventuels de cette dégradation, abîmer le tissu osseux dans lequel est fixée la prothèse (cas de certaines altérations du titane notamment).

Il ne s’agit pas, à proprement parler d’une " allergie " ou " rejet ", mais ce type de phénomène peut aboutir à un échec de la fixation des pièces, nécessitant une nouvelle opération pour changement de la prothèse.

Une prothèse articulaire peut-elle " casser " ?

Une prothèse peut " casser " comme toute pièce mécanique. Il s’agit de rupture de " fatigue " reproduisant le phénomène observé lorsqu’on tord de nombreuses fois un trombone. La rupture se produit alors par propagation de fissures au sein du matériau.

La rupture mécanique peut aussi être le terme d’une usure progressive, survenant très longtemps après l’implantation de la prothèse. Cette complication est vraiment exceptionnelle pour les prothèses métalliques.

Une rupture de la tête de certaines prothèses de hanche en céramique de type zircone a été récemment rapportée..

Notre avis : Cette complication est vraiment exceptionnelle pour les prothèses métalliques. Les performances de la métallurgie, la qualité des aciers, des alliages ou des matériaux de frottement utilisés ont énormément progressé depuis une trentaine d’années.

Cette complication non exceptionnelle pour les implants de hanche des années soixante a aujourd’hui pratiquement disparu, grâce aux améliorations techniques de fabrication, à l’expérience clinique accumulée, et à l’amélioration du dessin des pièces prothétiques.

L’os qui tient la prothèse peut-il casser ?

Spontanément, c’est-à-dire dans le cadre de l’utilisation normale de la prothèse, cette complication est exceptionnellement observée.

Cependant, une chute malencontreuse peut entraîner une fracture de l’os dans lequel est implantée la prothèse, ou à proximité de la prothèse (par exemple une fracture d’un os du bassin pour une prothèse de hanche). Plus l’os est solide, moins vous risquez la fracture. L’ostéoporose doit être dépistée.

Notre avis : Il s’agit d’une complication rare, le plus souvent secondaire à un traumatisme.

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